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Pourquoi je conseille de ne pas donner de bonbons aux enfants

15/08/2026
Pourquoi je conseille de ne pas donner de bonbons aux enfantsPourquoi je conseille de ne pas donner de bonbons aux enfantsPourquoi je conseille de ne pas donner de bonbons aux enfantsPourquoi je conseille de ne pas donner de bonbons aux enfantsPourquoi je conseille de ne pas donner de bonbons aux enfants
Un bonbon « de temps en temps » ? Dans la vraie vie d'un enfant, cela arrive bien plus souvent qu'on ne le croit. L'avis d'une pédodontiste.

Pourquoi je conseille de ne pas donner de bonbons aux enfants

Par le Dr Fanny Quentric, pédodontiste — Cabinet Dentaire Nice Étoile

« Mais Docteur, un bonbon de temps en temps, ce n'est quand même pas grave ! »

C'est probablement l'une des phrases que j'entends le plus souvent au cabinet. Et, prise isolément, elle est parfaitement compréhensible.

Un bonbon mangé une fois ne va évidemment pas, à lui seul, provoquer une carie. Le problème est ailleurs : dans la vie réelle d'un enfant, "de temps en temps" arrive beaucoup plus souvent qu'on ne l'imagine.

En bref

  • Entre les anniversaires de classe, Halloween, les fêtes et la famille, un enfant peut facilement dépasser la cinquantaine de bonbons par an — sans qu'aucun adulte n'ait l'impression d'en donner souvent.
  • C'est la fréquence des expositions au sucre, bien plus que la quantité totale, qui favorise les caries.
  • Ma recommandation : pas de bonbons du tout. En revanche, un dessert sucré pris à la fin d'un repas reste tout à fait permis (voir la FAQ plus bas).
  • Un message simple, sans exception, est presque toujours plus facile à tenir qu'une liste d'occasions "particulières".

Le problème du « juste de temps en temps »

Prenons simplement une classe de 25 à 30 enfants.

Si chaque anniversaire est accompagné de bonbons et que votre enfant n'en prend qu'un seul à chaque fois, nous arrivons déjà potentiellement à 25 à 30 bonbons dans l'année scolaire.

Ajoutons maintenant :

  • Halloween ;
  • Noël et les fêtes ;
  • les anniversaires des copains en dehors de l'école ;
  • ceux des cousins ;
  • les vacances ;
  • les sorties ;
  • les visites chez les grands-parents ;
  • les petites récompenses ;
  • les bonbons proposés ici ou là…

Le bonbon que chaque adulte pense donner « exceptionnellement » vient en réalité s'ajouter à toutes les exceptions accordées par les autres.

Et c'est ainsi que, sans qu'aucun parent n'ait l'impression de donner régulièrement des bonbons, un enfant peut facilement en consommer plusieurs dizaines, voire beaucoup plus, au cours d'une année.

C'est précisément pour cela que je préfère donner un message simple : les bonbons ne sont pas nécessaires à l'enfance.

Pourquoi les dents n'aiment-elles pas les prises sucrées répétées ?

Les bactéries de la plaque dentaire utilisent les sucres et produisent des acides. Le milieu buccal devient alors plus acide et l'émail subit une phase de déminéralisation.

La salive permet ensuite progressivement de rétablir l'équilibre.

Le problème apparaît lorsque les expositions alimentaires cariogènes se répètent : la dent est soumise encore et encore à ces épisodes acides et dispose de moins de temps pour retrouver un environnement favorable.

C'est pourquoi, en prévention de la carie, la fréquence des prises alimentaires sucrées compte énormément, et pas seulement la quantité totale consommée. L'OMS elle-même recommande de limiter les sucres libres à moins de 10 % de l'apport énergétique quotidien — et idéalement moins de 5 % — pour limiter ce risque tout au long de la vie (OMS, Sucres et caries dentaires).

« Alors vaut-il mieux manger plusieurs bonbons en une seule fois ? »

D'un strict point de vue dentaire, regrouper une consommation sucrée au cours d'un repas est préférable à multiplier les prises tout au long de la journée.

Cela ne transforme évidemment pas le bonbon en aliment protecteur !

Cela signifie simplement que si un enfant consomme exceptionnellement un produit sucré, mieux vaut éviter qu'il le grignote pendant des heures ou qu'il multiplie les prises entre les repas.

« Mais interdire les bonbons, n'est-ce pas trop frustrant ? »

C'est une inquiétude légitime des parents.

Il existe toutefois une différence importante entre priver constamment un enfant de quelque chose qui fait partie de son quotidien et ne pas installer cette chose comme une habitude.

Lorsqu'un enfant est habitué à recevoir régulièrement des bonbons, leur disparition peut effectivement provoquer frustration et demandes répétées.

Mais les habitudes alimentaires évoluent. Lorsque les bonbons cessent d'être présentés comme une récompense, un plaisir incontournable ou quelque chose que l'on attend à chaque fête, ils peuvent progressivement perdre cette place particulière.

C'est aussi pour cela que je préfère éviter le système :

« Tu n'as jamais le droit… sauf aujourd'hui parce que c'est exceptionnel. »

Car les « exceptions » sont tellement nombreuses dans la vie d'un enfant qu'elles finissent parfois par devenir une habitude.


???? L'encadré du Dr Fanny — « Mais il faut bien leur faire plaisir ! »

Bien sûr qu'il faut faire plaisir aux enfants.

Mais plaisir ne signifie pas nécessairement bonbon.

Un anniversaire peut rester un anniversaire sans sachet de confiseries. Une visite chez les grands-parents peut être merveilleuse sans bonbon. Une récompense peut être un autocollant, une activité, une histoire, un petit objet ou simplement un moment partagé.

Et si l'on souhaite proposer une douceur alimentaire, il existe aussi d'autres possibilités qui s'intègrent mieux dans un repas ou un goûter structuré.

L'objectif n'est pas de supprimer le plaisir. C'est de ne pas apprendre à l'enfant que le bonbon est indispensable au plaisir.